Utiliser des logiciels ouverts
Cette page s’adresse aux agents et administrations qui souhaitent adopter des logiciels libres pour renforcer la maîtrise, la sécurité et la mutualisation de leurs systèmes. Elle donne les repères nécessaires pour identifier les bonnes options, analyser leur conformité aux besoins, intégrer une solution dans un SI public, et contribuer utilement en tant qu’utilisateur.
Trouver des logiciels libres et des communs numériques
Chercher un logiciel libre ne se résume pas à taper une requête sur un moteur de recherche. Pour un même besoin, plusieurs projets peuvent exister, à des stades de maturité différents. L’enjeu est donc de partir de sources fiables, de repérer quelques signaux essentiels (licence, activité récente, documentation minimale) avant d’approfondir.
Où chercher ?
Commencer par les catalogues publics
Les référentiels du secteur public sont les points d’entrée à privilégier.
- (Ouvre une nouvelle fenêtre) Socle interministériel de logiciels libres (SILL) — répertoire des logiciels libres recommandés et utilisés dans l’administration.
- (Ouvre une nouvelle fenêtre) Comptoir du Libre — dédié aux collectivités territoriales, avec des retours d’expérience concrets.
Explorer les annuaires du libre
Pour élargir votre recherche, plusieurs annuaires et bibliothèques recensent des projets libres et leurs caractéristiques :
- (Ouvre une nouvelle fenêtre) Joinup / OSOR (Commission européenne) — catalogue des solutions et bonnes pratiques issues du secteur public européen.
- (Ouvre une nouvelle fenêtre) AlternativeTo : alternatives classées par cas d’usage, utiles pour explorer d’autres pistes (libres et non libres).
- (Ouvre une nouvelle fenêtre) Framalibre : annuaire participatif de logiciels, services et ressources classés par catégories.
- (Ouvre une nouvelle fenêtre) Open Hub : plateforme recensant des métriques d’activité (commits, langages, licences) pour évaluer la vitalité des projets.
- (Ouvre une nouvelle fenêtre) Eclipse Foundation – Projects : projets sous gouvernance de fondation (outillage, data, IoT), gages de maturité et de transparence.
- (Ouvre une nouvelle fenêtre) Apache Software Foundation – Projects : projets matures et largement diffusés (serveurs, big data, bibliothèques).
-
(Ouvre une nouvelle fenêtre) Linux Foundation - Projects : grands projets structurants dans les domaines du cloud, des infrastructures et de la cybersécurité.
Demander à la communauté
Les réseaux de pairs et les communautés du libre sont souvent les sources les plus rapides et les plus pertinentes.
- Les canaux BlueHats et leurs salons thématiques — pour échanger avec d’autres administrations utilisatrices.
(Ouvre une nouvelle fenêtre) → Rejoindre le canal Tchap
- Vos réseaux internes ou inter-administrations, souvent riches en retours d’expérience.
Faire une recherche en ligne ciblée
Quand aucune source ne répond directement à votre besoin, vous pouvez affiner votre recherche :
- logiciel libre ou open source + votre besoin métier (ex. “gestion de projet”).
- open source + votre domaine.
- nom d’un outil connu + alternative open source.
Privilégiez toujours les résultats renvoyant vers un site officiel ou un dépôt de code source.
Et l’IA dans tout ça ?
Les outils d’IA peuvent aider à repérer des pistes, mais restez vigilants : les résultats proposés ne sont pas nécessairement les bonnes options.
Pour les profils techniques
Les utilisateurs expérimentés peuvent aller directement sur :
- Les forges de code (GitHub, GitLab, sr.ht).
- les registres de paquets (PyPI, npm, etc.), utiles pour repérer des modules techniques ou des bibliothèques.
Comment présélectionner une solution ?
Pendant votre recherche, quelques réflexes simples permettent de filtrer rapidement les projets à creuser. Pendant la recherche, quelques réflexes simples permettent de repérer rapidement les projets à approfondir. L’objectif n’est pas encore de tout analyser en détail, mais d’écarter ce qui ne coche pas les bases.
À vérifier en priorité
- Licence : Vérifiez que le logiciel est bien publié sous une licence libre, c’est-à-dire qu’elle autorise l’usage, la modification et la redistribution. La mention doit apparaître clairement, soit dans un fichier LICENSE / LICENCE, soit sur le site du projet. En l’absence d’information explicite, écartez la solution. → Consulter la ressource Guide juridique du logiciel libre dans l'administration pour en savoir plus sur les licences
- Vitalité du projet — Assurez-vous que le projet est actif: une activité récente (nouvelles versions, échanges sur les tickets, mises à jour régulières) est un bon signal.
Un projet inactif n’est pas forcément inutilisable, mais il demande plus d’effort de reprise et de maintenance.
Bonnes pratiques
- Gardez une trace claire de vos trouvailles : tableau ou fiche courte (nom, lien, licence, dernière mise à jour, documentation).
- Sollicitez un avis rapide auprès de la communauté avant d’investir du temps dans l’étude.
- Limitez la présélection à deux ou trois options maximum pour faciliter la comparaison.
Analyser une solution libre avant intégration
Avant de déployer un logiciel libre dans votre environnement, il est essentiel de vérifier qu’il répond à vos besoins, qu’il est juridiquement réutilisable et qu’il repose sur une base technique et communautaire solide.
Quatre aspects sont à examiner en priorité : la licence, les fonctionnalités, la sécurité et la communauté. → Pour aller plus loin consulter la ressource Floss criteria
Vérifier la licence
La licence est le premier élément à examiner. Elle détermine les droits et obligations liés à l’utilisation, la modification et la redistribution du logiciel.
Commencez par identifier la licence officielle :
- en recherchant le site du projet (ex. LibreOffice → (Ouvre une nouvelle fenêtre) libreoffice.org),
- puis en ajoutant le mot-clé license à votre recherche (ex. license site:libreoffice.org).
Si aucune mention n’apparaît, rendez-vous sur le dépôt de code source : la licence doit figurer à la racine ou dans un répertoire LICENSES.
Vérifiez enfin que la licence est bien reconnue par l’Open Source Initiative (OSI) ou la Free Software Foundation (FSF). Vous pouvez vous appuyer sur la liste officielle des licences validées sur (Ouvre une nouvelle fenêtre) spdx.org/licenses.
Dans les cas plus complexes (licence manquante, ambiguë ou mixte), consultez la ressources juridiques ou si vous êtes un ministère contactez le Pôle logiciels libres et communs numériques de la DINUM.
→ Consulter la ressource Guide juridique du logiciel libre dans l'administration pour en savoir plus sur les licences
Évaluer les fonctionnalités
Un logiciel libre ne couvre pas toujours 100 % de vos besoins dès le départ. Il est donc utile de distinguer :
- les fonctionnalités déjà couvertes par le projet ;
- celles à compléter ou à adapter selon leur importance pour votre usage.
Pour les besoins non couverts, évaluez la faisabilité de leur intégration : une extension ou un module suffit-il, ou faut-il modifier le cœur du logiciel ? C’est tout l’avantage du libre : vous pouvez contribuer directement à l’évolution du projet, corriger ou enrichir des fonctionnalités, et ces améliorations bénéficient ensuite à l’ensemble de la communauté. Cette démarche renforce la qualité du logiciel, tout en réduisant les efforts futurs de maintenance pour tous.
Examiner la sécurité
La sécurité d’un logiciel libre repose sur la transparence du code et sur la vigilance de sa communauté. Deux aspects doivent être vérifiés :
- Les dépendances : sont-elles à jour et régulièrement auditées et mises à jour ?
- Le code : présente-t-il des vulnérabilités connues ou signalées ?
Des outils d’analyse automatisée comme le (Ouvre une nouvelle fenêtre) Scorecard de la OpenSSF permettent de vérifier ces points. La plateforme (Ouvre une nouvelle fenêtre) bestpractices.dev propose aussi une liste de critères de bonnes pratiques pour évaluer la maturité et la sécurité d’un projet open source.
Observer la communauté
Derrière chaque logiciel libre se trouvent une ou plusieurs communautés : celles qui l’utilisent et celles qui le développent. Leur vitalité est un bon indicateur de la pérennité et de la capacité d’évolution du projet. Quelques repères simples pour situer un projet :
- Nombre de contributeurs actifs sur les 12 derniers mois et évolution par rapport à l’année précédente ;
- Facteur bus : nombre de contributeurs assurant plus de 50 % des contributions ;
- Date du dernier commit sur le dépôt.
Une grande communauté assure stabilité et maintenance, mais laisse moins de marge pour influencer la trajectoire du projet. Une communauté plus restreinte demande davantage d’investissement, mais permet d’agir plus directement sur ses orientations. Pour approfondir cette analyse, le projet (Ouvre une nouvelle fenêtre) CHAOSS répertorie de nombreuses métriques communautaires documentées.
Vérifier le modèle économique
Un autre aspect souvent oublié concerne le modèle économique du projet. Certains logiciels libres sont portés par des communautés bénévoles, d’autres par des entreprises ou des fondations qui en assurent la maintenance et le support. Identifier qui soutient financièrement et techniquement le projet permet d’évaluer sa pérennité, son autonomie et sa gouvernance.
→ Voir la ressource Les modèles économiques du numérique ouvert pour en savoir plus
Intégrer une solution libre dans son administration
Intégrer une solution libre, c’est avant tout s’appuyer sur les dispositifs existants pour le faire dans un cadre sûr et partagé. Des outils comme le SILL, les marchés interministériels ou les marchés publics dédiés permettent d’intégrer un logiciel libre en conformité avec les règles de la commande publique.
S’appuyer sur les dispositifs existants pour intégrer du libre
Chercher dans le SILL
Le (Ouvre une nouvelle fenêtre) SILL (Socle interministériel de logiciels libres) est le premier point d’appui. Il permet de :
- identifier un logiciel libre recommandé et validé pour un usage dans l’administration ;
- contacter son ou sa référente, pour bénéficier de retours d’expérience concrets ;
- trouver des prestataires spécialisés capables d’assurer le support ou l’intégration.
Utiliser les marchés interministériels
La Direction générale des Finances publiques (DGFIP) pilote deux marchés interministériels à l’usage des logiciels libres : un marché support et un marché expertise.
Ces dispositifs couvrent tout le cycle de vie d’un logiciel libre : intégration, exploitation, formation, maintenance et support. Ces marchés entretiennent un lien direct avec les communautés du libre et imposent la redistribution systématique des correctifs produits. Les titulaires agissent comme interface entre les administrations et les communautés.
→ Consulter la ressource Marchés interministériels support et expertise à l'usage des logiciels libres
Monter son propre marché public
Lorsqu’aucun marché interministériel ne couvre le besoin, une administration peut lancer son propre marché public pour des prestations liées à un logiciel libre : intégration, développement, accompagnement, formation, etc.
Nommer un logiciel libre explicitement
Il est possible de mentionner explicitement un logiciel libre dans un marché sans enfreindre le principe d’égalité de traitement, dès lors qu’il ne s’agit pas d’une marque commerciale. Le caractère libre du logiciel garantit l’égalité d’accès : chacun peut l’utiliser, le modifier et le redistribuer, y compris plusieurs prestataires concurrents.
Nature de la commande
La commande ne porte pas sur l’acquisition du logiciel libre, puisqu’il est librement accessible, mais sur des prestations de service : intégration, développement, support, accompagnement, formation, etc. Une administration peut aussi exiger dans ses clauses que la solution repose sur des logiciels libres, leur caractère libre constituant une caractéristique juridique (licence autorisant étude, copie, modification, redistribution).
Développement et droits sur le code
Lorsque le marché porte sur le développement d’un nouveau logiciel libre :
- Les droits nécessaires doivent être transférés à l’administration pour permettre la publication du code sous licence libre (article 46 du CCAG-TIC).
- La concurrence loyale doit être garantie, y compris si un prestataire participe déjà à la gouvernance du projet. Ce principe a été confirmé par le Conseil d’État (30 septembre 2001) : tout acteur peut créer un fork ou contribuer au projet, assurant une concurrence équitable.
Cadre légal favorable
Certaines lois encouragent explicitement le recours au logiciel libre, notamment l’article 9 de la loi n° 2013-660 du 22 juillet 2013 relative à l’enseignement supérieur et à la recherche, qui modifie l’article L123-4-1 du Code de l’éducation pour prioriser les logiciels libres.
Formation aux Logiciels Libres dans l’administration
Si vous êtes agent public avec un accès à la plateforme (Ouvre une nouvelle fenêtre) Mentor, vous pouvez consulter (Ouvre une nouvelle fenêtre) une capsule introductive produite par la DINUM.
→ Vous pouvez consulter la ressource Offres de formation logiciels libres existantes, mais qui ne ciblent pas spécifiquement les agents publics.
Les agents publics peuvent suivre la capsule “Introduction au logiciel libre” produite par la DINUM sur la plateforme (Ouvre une nouvelle fenêtre) Mentor.
La ressource “Offre de formation logiciels libres” référence également plusieurs offres de formation au logiciel libre, ouvertes à tous les publics.
Contribuer en tant qu’utilisateur
Dans un projet numérique ouvert, l’usage sur le terrain fait autant progresser que le code. Il aide à identifier les besoins réels, repérer les problèmes et orienter les priorités.
Chaque utilisateur fait vivre le projet à sa manière : il ne se contente pas d’utiliser, il contribue à son amélioration, selon ses compétences et son contexte. L'utilisateur est un contributeur clé.
Contribuer ne signifie pas forcément coder. Cela peut consister à :
- Signaler un problème ou une amélioration, en décrivant le contexte et le résultat attendu.
- Partager un retour d’usage, pour aider à mieux comprendre les besoins métier et les contraintes du terrain.
- Améliorer la documentation en clarifiant une étape, en ajoutant une capture ou en corrigeant une erreur.
- Traduire, relire, tester une version, ou proposer des évolutions.
- Soutenir le projet : en relayant une information, en participant à un événement, en apportant un financement ou des données utiles.
Chaque projet définit ses propres modalités de contribution. Pour savoir comment participer, consultez son guide de contribution (CONTRIBUTING.md) ou les canaux d’échange indiqués dans le dépôt.
Ressources pour aller plus loin
Marchés interministériels support et expertise à l'usage des …
Publié le mardi 11 novembre 2025
Offres de formations logiciels libres
Publié le mardi 11 novembre 2025
Floss criteria
Publié le mardi 11 novembre 2025
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(Ouvre une nouvelle fenêtre) Scorecard – OpenSSF
Outil d’analyse automatisée permettant d’évaluer la sécurité et la maturité d’un projet open source. -
(Ouvre une nouvelle fenêtre) BestPractices.dev
Plateforme proposant une liste de critères de bonnes pratiques pour évaluer la qualité et la fiabilité des projets open source. -
(Ouvre une nouvelle fenêtre) Liste officielle des licences valides – SPDX
Référence officielle des licences reconnues par la communauté open source, utile pour vérifier la conformité d’un projet. -
(Ouvre une nouvelle fenêtre) Plateforme Mentor – Capsule “Introduction au logiciel libre”
Capsule produite par la DINUM pour initier les agents publics aux principes du logiciel libre et à ses usages dans l’administration. -
(Ouvre une nouvelle fenêtre) Offre de formation logiciels libres
Ressource recensant plusieurs formations existantes autour du logiciel libre, ouvertes à tous les publics. -
(Ouvre une nouvelle fenêtre) Projet CHAOSS
Ressource communautaire documentant les métriques d’activité et de gouvernance pour analyser la santé des projets open source.
Les annuaires du libre
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(Ouvre une nouvelle fenêtre) Socle interministériel de logiciels libres (SILL)
Répertoire des logiciels libres recommandés et utilisés dans l’administration, avec contacts de référents et retours d’expérience. -
(Ouvre une nouvelle fenêtre) Comptoir du Libre
Catalogue dédié aux collectivités territoriales, proposant retours d’expérience et évaluations d’usage sur les logiciels libres. -
(Ouvre une nouvelle fenêtre) Joinup / OSOR (Commission européenne)
Catalogue des solutions, bonnes pratiques et logiciels libres issus du secteur public européen. -
(Ouvre une nouvelle fenêtre) AlternativeTo
Annuaire comparatif proposant des alternatives logicielles classées par cas d’usage, libres ou propriétaires. -
(Ouvre une nouvelle fenêtre) Framalibre
Annuaire participatif recensant des logiciels, services et ressources libres, classés par thématique. -
(Ouvre une nouvelle fenêtre) Open Hub
Plateforme fournissant des métriques d’activité (commits, licences, langages) pour évaluer la vitalité des projets libres. -
(Ouvre une nouvelle fenêtre) Eclipse Foundation – Projects
Projets développés sous gouvernance de fondation, gages de maturité et de transparence. -
(Ouvre une nouvelle fenêtre) Apache Software Foundation – Projects
Projets open source largement diffusés et éprouvés, soutenus par une fondation internationale reconnue. -
(Ouvre une nouvelle fenêtre) Linux Foundation – Projects
Grands projets structurants autour du cloud, des infrastructures et de la cybersécurité.